
Morningstar DBRS et Fitch maintiennent la note AAA du Luxembourg
Les deux agences ont confirmé le 23 octobre 2026 la meilleure note de crédit du Grand-Duché, avec une perspective stable. Ces premières évaluations depuis la présentation du budget 2027 mettent en avant la solidité du bilan public, malgré des perspecti...
Une dette faible et d'importantes réserves
Pour Morningstar DBRS, le Luxembourg conserve des fondamentaux de crédit très solides et une marge budgétaire suffisante pour supporter des déficits modérés au cours des prochaines années sans compromettre sa note AAA. L'agence souligne que le faible endettement et le volume important d'actifs publics renforcent la capacité de remboursement de l'État.
Fitch Ratings met également l'accent sur la solidité du bilan du secteur public. Elle cite notamment les actifs de pension et les dépôts publics parmi les réserves qui permettent au pays de compenser les contraintes liées à la petite taille de son économie, à son ouverture et à son exposition à la volatilité macrofinancière.
Selon Fitch, la dette publique brute s'établissait à 26,0 % du PIB fin 2025, soit le deuxième ratio le plus faible parmi les pays notés AAA, dont la médiane atteignait 41,4 %. Les actifs financiers nets du secteur public représentaient, quant à eux, 50,7 % du PIB au deuxième trimestre 2026, selon Eurostat.
Dans un communiqué publié samedi, le ministère des Finances estime que cette double confirmation valide l'orientation de la politique budgétaire du gouvernement. Il rappelle que S&P Global Ratings, Moody's et Scope Ratings avaient déjà accordé leur meilleure note au Luxembourg.
Des trajectoires de déficit contrastées
Morningstar DBRS relève néanmoins une certaine dégradation des perspectives budgétaires. Selon l'agence, les comptes publics sont passés d'un excédent de 0,6 % du PIB en 2024 à un déficit de 1,8 % en 2025. Les dépenses ont augmenté de 8,9 %, contre une hausse de 3,6 % des recettes.
Fitch prévoit une réduction du déficit à 1,6 % du PIB en 2026, puis à 1,0 % en 2027. Elle anticipe ensuite une remontée à 1,4 % en 2028, sous l'effet des dépenses sociales, des investissements, de la défense et des réformes gouvernementales.
Les scénarios cités par Morningstar DBRS dessinent des trajectoires différentes. Le FMI projette un déficit de 2 % du PIB en 2026 comme en 2027, puis de 3,1 % en 2028 et de 3,5 % en 2029. Le gouvernement table, lui, sur 1,1 % en 2026 et 0,6 % en 2027, avant une stabilisation autour de 0,8 % à 0,9 % sur la période 2028-2030.
Parmi les dépenses à venir, Morningstar DBRS évalue le coût de la réforme annoncée de l'impôt sur le revenu des personnes physiques à environ 1 % du PIB par an à partir de 2028. Le gouvernement vise par ailleurs des dépenses de défense équivalant à 2,3 % du revenu national brut en 2029, contre 2 % en 2025 selon la définition de l'OTAN.
Une reprise économique progressive attendue
Après une croissance moyenne du PIB réel limitée à 0,37 % par an entre 2023 et 2025, Fitch prévoit une progression de 1,2 % en 2026, de 1,7 % en 2027 et de 1,8 % en 2028. Le STATEC estime pour sa part la croissance potentielle à 1,0 % en 2026, contre une moyenne historique d'environ 3 %.
La place financière reste exposée aux chocs
Morningstar DBRS considère que le Luxembourg devrait rester un centre d'affaires et financier très attractif. Elle fonde cette appréciation sur les qualifications de la main-d'œuvre, la solidité du cadre juridique et réglementaire, la stabilité politique et l'appartenance à la zone euro.
L'agence avertit toutefois qu'une volatilité accrue sur les marchés financiers mondiaux pourrait provoquer des rééquilibrages de portefeuille et une hausse des demandes de rachat dans les fonds ouverts. Ces mouvements pourraient se répercuter sur l'ensemble du système financier luxembourgeois, fortement interconnecté.
Le secteur financier représentait 26,5 % de la valeur ajoutée nominale du pays en 2025, relève Morningstar DBRS. Selon l'agence, un choc sévère sur la place financière ou une perte d'attractivité suffisamment importante pour affecter la croissance et les finances publiques pourrait conduire à un abaissement de la note.