
Yomoni et Altaprofits ouvrent l'assurance vie luxembourgeoise dès 50 000 €
Avec Yomoni Lux, lancé en juillet 2026, puis AltaLux Vie, annoncé en octobre, deux contrats abaissent le seuil d'accès à l'assurance vie luxembourgeoise. Tous deux proposent une entrée à 50 000 €, mais leurs supports d'investissement et leurs tarifs di...
Un seuil d'accès abaissé sur un marché prisé des Français
Les contrats luxembourgeois s'adressaient jusqu'ici surtout aux patrimoines élevés, avec des versements initiaux généralement compris entre 100 000 € et 500 000 €. Les nouvelles offres de Yomoni, avec La Mondiale Europartner, et d'Altaprofits, avec Generali Luxembourg, rendent ce cadre accessible à partir de 50 000 €.
Selon Capital, avant ces lancements, il fallait généralement disposer de 100 000 € pour souscrire les principaux contrats distribués en ligne par Ramify ou Meilleurtaux Placement, et de 150 000 € chez BoursoBank. Dans de nombreuses banques privées, le minimum atteignait 250 000 €.
Les épargnants français ont versé 16,4 milliards d'euros sur des contrats luxembourgeois en 2025, soit une hausse de 20 % sur un an. Outre la possibilité de diversifier leurs assureurs et de rechercher des rendements potentiellement supérieurs, ils sont attirés par la protection juridique des avoirs.
Yomoni Lux : une architecture ouverte et des frais dégressifs
Yomoni a lancé son contrat le 2 juillet 2026 avec La Mondiale Europartner, la filiale luxembourgeoise d'AG2R La Mondiale. Accessible dès 50 000 €, Yomoni Lux adopte une architecture ouverte sous la forme d'un Fonds d'Assurance Spécialisé. Il permet notamment d'investir dans des parts de fonds sans rétrocommissions, dites "clean shares".
L'offre comprend aussi un fonds en euros multidevises, disponible en EUR, USD, GBP et CHF. La part qui peut lui être consacrée est plafonnée à 40 % de l'encours.
La page produit de Yomoni indique des frais de contrat annuels de 0,70 % à partir de 50 000 €, puis un barème dégressif jusqu'à 0,30 % au-delà d'un million d'euros. En intégrant les frais de gestion, ceux des ETF et ceux du dépositaire, elle annonce un coût total de 1,30 % à 1,70 % par an selon l'encours.
Les informations publiées par Yomoni diffèrent sur les arbitrages : le billet de lancement les présente comme gratuits, tout comme l'entrée dans le contrat. La page produit précise pour sa part que deux arbitrages sont offerts chaque année, les suivants coûtant 50 € chacun. Elle indique également l'absence de frais d'entrée, de versement et de sortie.
AltaLux Vie : trois supports et des arbitrages au forfait
Annoncé par Altaprofits le 15 octobre 2026, AltaLux Vie est un contrat de droit luxembourgeois entièrement numérique, assuré par Generali Luxembourg. Après un premier versement d'au moins 50 000 €, les souscripteurs peuvent effectuer des versements complémentaires à partir de 10 000 €.
Dans son communiqué, Altaprofits annonce la gratuité de l'entrée, des versements et des rachats. La gestion du contrat est facturée 0,75 % par an, indépendamment du support choisi. Un arbitrage coûte 35 € lorsqu'il est réalisé en ligne, contre 75 € hors ligne.
Les placements proposés se répartissent en trois supports. Le fonds en euros Novissima garantit le capital et les intérêts, à condition de conserver au moins 50 % de l'investissement en unités de compte. Des produits structurés à capital garanti sont également proposés en accès direct, une possibilité ouverte par les évolutions réglementaires de 2026.
Le troisième support est un Fonds Interne Collectif piloté par Generali Wealth Solutions. Son profil "Conviction" s'adresse aux investisseurs dynamiques : il repose majoritairement sur des ETF, avec une approche cœur-satellite.
AltaLux Vie vient compléter Generali Espace Lux Vie France dans la gamme luxembourgeoise d'Altaprofits. Ce dernier contrat conserve un seuil d'accès de 250 000 € et propose plus de 900 supports, ainsi que des Fonds d'Assurance Spécialisés (FAS), des Fonds Internes Dédiés (FID) et des Fonds Internes Collectifs (FIC).
Une protection juridique dont la portée reste à distinguer des risques
Au Luxembourg, les avoirs des souscripteurs sont isolés du patrimoine de l'assureur et confiés à une banque dépositaire indépendante. Altaprofits rappelle que ce "triangle de sécurité" sépare les actifs de l'assureur, ceux du dépositaire et ceux des clients, sous le contrôle permanent du Commissariat aux Assurances (CAA).
À cette séparation s'ajoute le "super privilège" : si l'assureur fait défaut, les épargnants ont priorité, en tant que créanciers de premier rang, sur les actifs représentant ses engagements.
Le cadre français repose sur d'autres mécanismes. Selon Boursorama, dans un article de février 2025, le Fonds de Garantie des Assurances de Personnes (FGAP) couvre les clients à hauteur de 70 000 € par assuré en cas de faillite d'une compagnie. La loi Sapin 2 permet aussi à l'ACPR de restreindre ou de suspendre temporairement les retraits lors d'une crise financière majeure.
La protection luxembourgeoise n'exclut toutefois ni les pertes ni les délais de récupération des avoirs. Dans le même article, Boursorama cite la faillite de l'assureur luxembourgeois FWU : la baisse de valeur des fonds qu'il gérait a fait chuter celle des contrats de près de 60 %. Le média estimait alors que la liquidation prendrait probablement plusieurs années. Il soulignait aussi qu'au Luxembourg, contrairement à la France, les frais de liquidation peuvent être prélevés sur les actifs des clients.