
Carried interest : Yacine Diallo analyse l'attrait du Luxembourg pour les gestionnaires de fonds
Le régime fiscal du carried interest aide le Luxembourg à se faire une place parmi les destinations envisagées par les gestionnaires de fonds et de family offices pour leurs activités européennes, selon Yacine Diallo. Cité dans le Luxembourg Times, l'a...
Des effets qui devraient se préciser dans la durée
Dans une publication du 27 octobre 2026, Charles Russell Speechlys relaie les observations de Yacine Diallo, associé et responsable de son bureau luxembourgeois, sur l'attractivité croissante du pays auprès des gestionnaires internationaux de fonds d'investissement. Ses propos figurent dans l'édition imprimée d'automne 2026 du Luxembourg Times.
Pour Yacine Diallo, le Luxembourg peut désormais faire valoir sa fiscalité comme un argument important face aux autres destinations. Il estime néanmoins qu'une éventuelle augmentation du nombre de gestionnaires et de collaborateurs s'y installant devrait se produire progressivement. La pleine portée des réformes devrait ainsi apparaître plus clairement au cours des prochaines années.
EY Luxembourg fait déjà état de certaines évolutions dans son ManCo Pulse du deuxième trimestre 2026, publié en juillet. Selon cette étude, la réforme a favorisé l'utilisation du carried interest contractuel et l'attribution plus fréquente de carried interest à des résidents luxembourgeois. EY relève aussi une nette augmentation récente du nombre de gestionnaires britanniques venus s'installer au Luxembourg.
Deux traitements fiscaux selon la forme du carried interest
Le Parlement luxembourgeois a adopté le 22 janvier 2026 le projet de loi n° 8590 réformant le régime du carried interest. Les nouvelles règles s'appliquent depuis le 1er janvier 2026, pour l'exercice fiscal 2026. Le dispositif initial remontait à 2013, année de la transposition de la directive européenne sur les gestionnaires de fonds d'investissement alternatifs, dite AIFM.
La réforme distingue deux situations. Lorsqu'il est purement contractuel, le carried interest relève des revenus extraordinaires : il est imposé au quart du taux progressif moyen de l'impôt sur le revenu du contribuable.
Lorsqu'il est lié à un investissement dans un fonds d'investissement alternatif (AIF), il est traité comme un gain spéculatif. Il échappe à l'impôt luxembourgeois sur le revenu si le gain est réalisé après une durée de détention minimale de six mois et si le bénéficiaire détient moins de 10 % de l'AIF.
Un accès élargi au régime
Les salariés et dirigeants de gestionnaires de fonds d'investissement alternatifs (AIFM) ne sont plus les seuls expressément visés. La réforme couvre aussi les personnes qui fournissent des services liés à la gestion d'un AIF, notamment au titre de conventions de conseil. Ces services peuvent être fournis directement ou par l'intermédiaire d'une ou plusieurs entités.
L'Association luxembourgeoise de l'industrie des fonds (ALFI) considère que cette réforme conforte la position du Luxembourg comme place de choix pour les fonds d'investissement alternatifs. Selon elle, le dispositif contribue également à attirer et à retenir les talents, aux côtés d'autres mesures comme le régime d'impatriation.