
Pêche en Baltique : l'UE écarte les baisses de prises accessoires de cabillaud et de hareng de l'Ouest
Les limites de captures accidentelles de cabillaud de l'Est et de l'Ouest et de hareng de l'Ouest resteront inchangées en 2027, rapporte RMF24. L'accord politique conclu le 26 octobre 2026 à Luxembourg par les ministres de l'Agriculture et de la Pêche...
Des plafonds maintenus au niveau de 2026
La Commission souhaitait abaisser les limites de prises accessoires de 88 % pour le cabillaud de l'Ouest, de 51 % pour celui de l'Est et de 45 % pour le hareng de l'Ouest. La Pologne s'est opposée à ces réductions, que les États membres n'ont pas retenues.
Les plafonds resteront donc ceux de 2026 : 266 tonnes pour le cabillaud de l'Ouest, dont 31 tonnes attribuées à la Pologne ; 430 tonnes pour le cabillaud de l'Est, dont 113 tonnes pour la Pologne ; et 788 tonnes pour le hareng de l'Ouest, dont 103 tonnes pour la Pologne. Dans sa proposition COM(2026) 437, la Commission prévoyait de ramener les quotas de cabillaud à 31 tonnes pour le stock de l'Ouest et à 211 tonnes pour celui de l'Est.
Ces quotas ne correspondent pas à une réouverture de la pêche commerciale. Celle-ci est interdite depuis plusieurs années pour ces trois stocks en raison de leur mauvais état. Les plafonds concernent uniquement les prises accessoires inévitables, c'est-à-dire les poissons capturés accidentellement lors de la pêche d'autres espèces.
La dérogation pour les petits navires reconduite
Les ministres ont également conservé, à la demande de Varsovie, la dérogation permettant aux petits navires de pêcher le hareng de l'Ouest. La Commission proposait de supprimer cette exemption pour la petite pêche côtière.
Selon dpa international, l'Allemagne a elle aussi défendu son maintien. Avant les négociations, le ministre allemand de l'Agriculture, Alois Rainer, avait estimé que la proposition de la Commission sur cette pêche "allait trop loin".
En revanche, les ministres ont soutenu la reconduction de l'interdiction de la pêche récréative du cabillaud dans l'ensemble de la zone de la Baltique couverte par ces règles, comme le proposait la Commission. Cette mesure vise à favoriser la reconstitution des populations de cabillaud de l'Est et de l'Ouest.
Les scientifiques recommandent toujours l'absence de captures
Dans son avis publié le 29 mai 2026, le Conseil international pour l'exploration de la mer (CIEM) recommande de ne capturer en 2027 ni cabillaud de l'Est ou de l'Ouest de la Baltique, ni hareng de l'Ouest. C'est la huitième année consécutive qu'il préconise zéro capture pour le cabillaud de l'Est, une recommandation formulée depuis 2019, et la neuvième pour le hareng de l'Ouest.
Le document de la Commission publié sur EUR-Lex indique que la biomasse du cabillaud de l'Ouest est demeurée sous le seuil de référence Blim pendant la majeure partie des quinze dernières années. Pour le hareng de l'Ouest, le CIEM estime la biomasse à seulement 56 % de ce seuil en 2026. Même sans aucune pêche, elle devrait rester sous ce niveau au moins jusqu'en 2028.
Des hausses pour d'autres stocks, avant l'adoption formelle
L'accord prévoit parallèlement une augmentation des captures autorisées pour plusieurs autres stocks. Selon dpa international, le quota de hareng de la Baltique centrale atteindra environ 165 000 tonnes en 2027, soit une hausse de 71 % par rapport à 2026, alors que la Commission proposait 49 %. Celui du sprat progressera de 44 %, conformément à sa proposition, pour atteindre environ 292 000 tonnes.
Les ministres ont aussi prévu environ 28 000 tonnes pour le hareng du golfe de Riga, en hausse de 11 %, et environ 11 300 tonnes pour la plie, soit 3 % de plus. La proposition initiale de la Commission, adoptée le 24 août 2026, représentait au total environ 543 000 tonnes de captures, en augmentation de 35,3 % par rapport aux possibilités de pêche finales de 2026.
Le ministre irlandais de l'Agriculture, Martin Heydon, a salué l'accord, estimant qu'il "s'appuie sur nos efforts concertés de ces dernières années, qui commencent à porter leurs fruits", rapporte Eunews.
L'accord reste à formaliser : le Conseil adoptera la décision lors d'une prochaine session, après la traduction du texte dans toutes les langues de l'UE.