Duchy Notes
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Chômage partiel au Luxembourg : 48 avis favorables pour novembre 2026

Le Comité de conjoncture a donné son feu vert à 48 des 52 demandes prévisionnelles de chômage partiel examinées le 27 octobre pour novembre 2026. Elles représentent 1 990 équivalents temps plein, contre 1 457 le mois précédent. La décision définitive r...

Des demandes en hausse, principalement pour motifs conjoncturels

Selon le ministère de l'Économie, 52 entreprises ont demandé à bénéficier du chômage partiel en novembre, soit cinq de plus que le mois précédent. Parmi les 48 dossiers ayant reçu un avis favorable, 27 reposent sur des motifs conjoncturels et huit sur des motifs structurels liés à un plan de maintien dans l'emploi. Six autres invoquent un lien de dépendance économique.

Les sept dossiers restants relèvent de la force majeure en raison des niveaux d'eau insuffisants sur le Rhin et d'autres voies navigables.

La réunion du 27 octobre était présidée par Lex Delles, ministre de l'Économie, des PME, de l'Énergie et du Tourisme, et Marc Spautz, ministre du Travail. Le comité y a également examiné la situation économique nationale et celle du marché du travail pour septembre 2026.

Les basses eaux réduisent les capacités du transport fluvial

Les demandes pour force majeure interviennent alors que le Rhin a connu, durant l'été et l'automne 2026, une période de basses eaux exceptionnelle. La Commission centrale pour la navigation du Rhin (CCNR) précise que la navigation n'a jamais été totalement interrompue, mais que les capacités de chargement ont fortement diminué.

Interrogé par RTL Today, Marc Daniel Heintz, de la Commission internationale pour la protection du Rhin, décrit l'épisode de 2026 comme le plus extrême des quatre épisodes majeurs survenus depuis 2000, après ceux de 2003, 2018 et 2022. À Kaub, sur le Rhin moyen, le niveau a atteint moins six centimètres, correspondant à une profondeur d'environ 1,07 mètre dans le chenal.

Au port luxembourgeois de Mertert, ces difficultés touchent les importations de ferraille, d'engrais et de sable, ainsi que les exportations d'acier et de conteneurs. Selon Gilles Braquet, directeur général de Luxport, les bateaux peuvent encore naviguer sur la Moselle, canalisée et endiguée, à environ 80 % de leur charge normale. Sur le Rhin, transporter les 2 000 tonnes autrefois acheminées par un seul navire exige désormais huit à dix bateaux. Une partie des marchandises est reportée sur la route et le rail.

La CCNR estime toutefois que la préparation aux basses eaux extrêmes est nettement meilleure qu'en 2018. Après les épisodes de 2018 et 2022, elle a défini des mesures de préparation et de résilience dans son document de réflexion "Act now!". Elle a aussi engagé, au printemps 2026, l'élaboration d'un "Masterplan Rhin".

Une indemnisation temporaire et des conditions selon le régime

L'ADEM indique que le chômage partiel donne généralement droit à une indemnité représentant 80 % du salaire brut pour les heures non travaillées. L'employeur la verse et l'État lui en rembourse une large part. Accordé pour un mois et renouvelable, le dispositif maintient le contrat de travail ainsi que les droits sociaux des salariés, notamment la sécurité sociale et l'ancienneté.

Pour le régime de dépendance économique, Guichet.lu précise que le remboursement de l'État correspond à 80 % des salaires normalement perçus pendant les périodes non travaillées. Il est plafonné à 250 % du salaire social minimum d'un travailleur non qualifié âgé de 18 ans ou plus. En contrepartie, l'entreprise s'engage à ne licencier aucun salarié pour raisons économiques.

Dans ce régime, la demande doit être déposée au plus tard le 12e jour du mois précédant la période visée. L'entreprise doit ensuite transmettre à l'ADEM le décompte des heures réellement chômées dans les deux mois suivant le mois concerné.

En juillet, 980 salariés ont effectivement été au chômage partiel

Le comité distingue les prévisions des entreprises du recours effectif au dispositif. Les chiffres annoncés pour novembre restent indicatifs et ne constituent pas, selon lui, un indicateur concret de la situation économique. Le bilan de l'utilisation réelle peut être établi trois mois après les demandes prévisionnelles. Le ministère rappelle qu'après un avis favorable, les entreprises disposent de deux mois pour remettre à l'ADEM leur décompte des heures non travaillées.

Pour juillet 2026, 48 demandes avaient obtenu un avis favorable lors de la réunion de juin. Parmi elles, 27 ont donné lieu à un recours effectif au chômage partiel. Deux dossiers étant encore en cours d'examen, le bilan disponible porte sur 25 dossiers clôturés.

Ces 25 décomptes font état de 980 salariés effectivement touchés en juillet, sur 2 647 bénéficiaires prévus. Le mois précédent, 953 salariés avaient été concernés. En équivalents temps plein, le recours réel représente 180 ETP, contre 184 le mois précédent.

Les entreprises ont déclaré 31 171 heures de chômage partiel pour juillet, contre 31 792 le mois précédent. Le coût supporté par le Fonds pour l'emploi s'établit à 729 340 euros pour juillet, après 714 615 euros en juin 2026.

D'autres avis sur la préretraite et les indemnités de départ

Le comité a également rendu un avis favorable sur l'application des dispositions légales de préretraite-ajustement à 234 salariés. Il a proposé un taux de participation aux coûts de cette préretraite.

Il s'est aussi prononcé favorablement sur cinq demandes d'exonération fiscale d'indemnités de licenciement et de départ, au titre de l'article 115 (10) L.I.R. Ces demandes concernent 32 salariés.

La prochaine réunion du Comité de conjoncture est fixée au mardi 24 novembre 2026 à 9 h 00.