
Mesures tripartites : la CGFP accepte une prolongation de trois mois au maximum
La Confédération générale de la fonction publique (CGFP) pose une autre condition à son soutien : aucune disposition des mesures actuellement en vigueur au Luxembourg ne doit être modifiée. Elle défendra cette position jeudi devant le Comité de suivi t...
Un délai pour examiner la suite
Lors de sa récente assemblée générale, la CGFP, principal syndicat du secteur public luxembourgeois, s'est prononcée pour une prolongation strictement encadrée. À ses yeux, trois mois supplémentaires donneraient aux autorités le temps d'étudier précisément la situation avant de décider des prochaines étapes.
Le Comité de suivi tripartite, où siègent le gouvernement, le patronat et les syndicats pour examiner les mesures socio-économiques, a tenu sa première réunion le mardi 20 octobre 2026 au château de Senningen. L'accord de juin prévoyait un rendez-vous chaque trimestre, avec une première séance au plus tard en octobre 2026.
La semaine précédant cette première réunion, le Premier ministre Luc Frieden avait indiqué qu'une éventuelle prolongation des mesures énergétiques après le nouvel an n'avait encore fait l'objet d'aucune décision. Il avait renvoyé les discussions à la séance du 20 octobre.
Des aides à l'énergie et au pouvoir d'achat jusqu'à fin décembre
Le dispositif actuel repose sur le "Resilienzpak 2026", signé le 8 juin 2026. Le gouvernement et les partenaires sociaux — UEL, Union des syndicats OGBL-LCGB, CGFP et Chambre d'Agriculture — l'ont conclu après les réunions du Comité de coordination tripartite des 12 mai et 2, 3 et 4 juin. Sur les 20 mesures du paquet, les décisions numérotées de 1 à 4 concernent l'énergie et le pouvoir d'achat et ne s'appliquent que jusqu'au 31 décembre 2026.
Pour les carburants, l'État prend temporairement en charge 5 centimes TTC par litre de diesel et d'essence entre le 1er juillet et le 31 décembre 2026. Cette aide passe par une réduction des accises et reste soumise à une condition : le prix doit dépasser celui du 1er février 2026.
Sur l'électricité, une subvention de 4 centimes TTC par kWh s'applique du 1er août au 31 décembre 2026 aux clients résidentiels dont la consommation annuelle est inférieure à 25 000 kWh. Avec cette aide, le soutien total de l'État atteint 11,3 centimes par kWh. Durant cette même période, le dispositif prévoit aussi une compensation de 15 centimes par mètre cube de gaz et de 15 centimes par litre de gasoil de chauffage.
Le volet fiscal comprend un crédit d'impôt conjoncturel couvrant la période du 1er juin au 31 décembre 2026. Son montant correspond à l'effet d'une adaptation du barème de l'impôt sur le revenu à l'inflation à hauteur d'une tranche indiciaire. L'accord prévoit ensuite son intégration durable au barème dès le 1er janvier 2027.
Un paquet évalué à environ 450 millions d'euros
L'accord de juin répondait aux perturbations provoquées par la situation géopolitique au Moyen-Orient depuis février 2026. L'interruption du trafic maritime dans le détroit d'Ormuz, notamment, a désorganisé les chaînes d'approvisionnement et les marchés énergétiques internationaux, entraînant une hausse des prix de l'énergie.
Le 7 octobre 2026, en présentant le projet de budget de l'État pour 2027, le ministre des Finances Gilles Roth a évalué à environ 450 millions d'euros le soutien apporté par le Resilienzpak aux ménages et à l'économie.
Les prévisions du Statec citées dans ce projet de budget tablent sur une croissance luxembourgeoise de 1,2 % en 2026, puis de 1,9 % en 2027. L'inflation serait de 1,8 % en 2026 et de 2,1 % l'année suivante, tandis que le taux de chômage s'établirait à 6,3 %.