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Le chantier du NEOS Space Campus lancé à Kockelscheuer

Les travaux du campus spatial ont été lancés lundi 26 octobre 2026 à Kockelscheuer, dans la commune de Roeser, en présence du Premier ministre Luc Frieden. Selon RTL Today, son ouverture est prévue fin 2027, avec un budget d'environ 196 millions d'euros.

Un campus réparti entre Kockelscheuer et Belval

Le projet associe deux sites aux fonctions distinctes : Kockelscheuer accueillera les entreprises et les activités industrielles, commerciales et d'essais, tandis que Belval se consacrera à la recherche, à l'innovation et à la formation. Présenté pour la première fois en 2022, cet ensemble porte la marque "Neos space campus Luxembourg & Belval", rapporte Paperjam.

À Kockelscheuer, le chantier est implanté dans le parc d'innovation ParcLuxite, propriété de la Poudrerie de Luxembourg. CDCL assure la construction. Le développement, l'exploitation et la gestion de l'ensemble du campus reviendront à Neos SA, une société entièrement détenue par l'État luxembourgeois.

Aux côtés de Luc Frieden (CSV), la cérémonie a réuni le ministre de l'Économie Lex Delles (DP), le ministre des Finances Gilles Roth (CSV) et le bourgmestre de Roeser Tom Jungen (LSAP), selon Paperjam. Ce dernier estime que le campus donnera à ParcLuxite un nouveau visage et une nouvelle orientation.

Nova et le centre national d'essais

Le bâtiment principal, nommé Nova, accueillera le futur siège de la Luxembourg Space Agency, un incubateur et des espaces pour start-ups gérés par Technoport. Paperjam indique qu'il disposera d'environ 10 000 m² de surface nette, répartis sur cinq étages, une mezzanine et un sous-sol, avec une capacité d'accueil pouvant atteindre 900 personnes.

Autre composante du projet, le centre national d'essais offrira plus de 7 000 m² pour soumettre satellites et équipements spatiaux à des essais environnementaux. Selon le communiqué gouvernemental cité par Paperjam, ce centre représente à lui seul un investissement public estimé à plus de 195 millions d'euros, dont environ 55 millions pour les moyens d'essai. La Chambre des députés a adopté son projet de loi de financement en juillet 2026.

Les installations comprendront des chambres thermiques sous vide et de réverbération, des moyens d'essais radiofréquence et de compatibilité électromagnétique, ainsi que des salles blanches. Elles seront également ouvertes aux entreprises de l'automobile, de l'aérospatial et de la défense. L'ensemble du site devra respecter les exigences de sécurité applicables aux projets nationaux, de l'Union européenne et de l'OTAN.

Luc Frieden défend une stratégie de long terme

Pour Luc Frieden, le lancement du campus ouvre un nouveau chapitre d'une réussite luxembourgeoise, au sein d'un ensemble plus large. Le Premier ministre présente le projet comme la prochaine étape de la stratégie spatiale du gouvernement. Il souligne que les satellites ne servent pas seulement la recherche, mais aussi des usages quotidiens dans la protection du climat, la navigation, les communications et la défense, auxquels le Luxembourg entend contribuer.

Il souhaite miser sur les nouvelles technologies et les entreprises innovantes pour attirer d'autres acteurs au Luxembourg. Cette ambition nécessite, selon lui, des investissements, une vision à long terme et un environnement où les entreprises, la recherche et l'innovation se soutiennent et se renforcent mutuellement.

Revenant sur l'histoire de ParcLuxite, Luc Frieden y voit une illustration de l'évolution du pays et de son économie sur les 120 dernières années. Il a également rappelé qu'il y a plus de 40 ans, personne n'aurait imaginé qu'une entreprise parviendrait à développer tout un nouveau secteur.

SES prépare une usine de satellites pour 2028

SES disposera également d'une unité de production sur le même site. Luc Frieden y voit une évolution supplémentaire : l'entreprise ne se limitera plus à exploiter des satellites, mais développera et produira les siens.

Dans un communiqué, SES précise avoir lancé la construction de son usine le 24 septembre 2026. Son ouverture est prévue en 2028. Sur 16 000 m², elle réunira des capacités d'ingénierie, de fabrication et d'essais destinées notamment au réseau MEO de nouvelle génération meoSphere. Elle contribuera aussi au programme européen IRIS², avec le développement de charges utiles ainsi que l'assemblage, l'intégration et les essais de satellites.

Selon RTL Today, l'usine devrait employer environ 300 personnes, dont de nombreux ingénieurs et spécialistes hautement qualifiés. Le développement et les essais ont déjà débuté dans un laboratoire provisoire. SES vise la sortie de son premier satellite entièrement "Made in Luxembourg" d'ici fin 2028.