
Le Luxembourg lance le chantier du NEOS Space Campus à Kockelscheuer
La première pierre du futur pôle spatial de ParcLuxite a été posée le 26 octobre 2026. Destiné à réunir les principaux acteurs luxembourgeois du secteur, le site accueillera notamment le siège de la Luxembourg Space Agency, des entreprises et un centre...
Un projet porté par l'État
Les ministères d'État, de l'Économie et des Finances ont officialisé le démarrage des travaux lors d'une cérémonie à Kockelscheuer. Avant la pose de la première pierre sur le chantier, une conférence de presse s'est tenue à la Brasserie de L'écurie. Animée par Michele Bley, directrice Espace et fonds d'investissement au ministère de l'Économie, elle a réuni notamment le bourgmestre de Roeser, Tom Jungen, le Premier ministre Luc Frieden et Lex Delles, ministre de l'Économie, des PME, de l'Énergie et du Tourisme.
Pour Luc Frieden, ce campus marque une nouvelle étape de la stratégie spatiale nationale, au-delà du seul projet immobilier. Le Premier ministre a défendu la nécessité d'une vision à long terme, d'investissements et d'un environnement permettant aux entreprises de mener leurs recherches, d'innover et de se développer. Le ministère d'État inscrit le campus dans sa politique de renforcement de l'innovation, de la recherche et de la production dans les secteurs technologiques à forte valeur ajoutée.
Le projet avait fait l'objet d'un accord de principe le 24 juillet 2025. Lex Delles et le ministre des Finances, Gilles Roth, l'avaient signé au nom du gouvernement avec Poudrerie de Luxembourg SA et le groupe CDCL. Le périmètre prévu peut atteindre environ 6,5 hectares, pour jusqu'à 100 000 m² de surfaces.
Selon L'essentiel, l'État a constitué NEOS SA pour exploiter et développer le site. Cette société anonyme est entièrement publique. Le lancement a aussi été l'occasion de dévoiler l'identité "NEOS space campus Luxembourg & Belval".
Nova réunira l'agence spatiale, les start-up et les entreprises
CDCL, la Compagnie de Construction Luxembourgeoise, réalise le campus autour d'un bâtiment principal nommé "Nova". D'une surface totale d'environ 10 000 m², celui-ci comprendra cinq étages, une mezzanine et un sous-sol. Sa capacité d'accueil atteindra 900 personnes.
Le futur siège de la Luxembourg Space Agency (LSA) y côtoiera un incubateur et des espaces destinés aux start-up, dont Technoport assurera l'exploitation. Des bureaux accueilleront également des PME et d'autres entreprises du secteur spatial. Un espace de réception leur permettra de présenter leurs technologies.
Nova disposera aussi d'une grande cantine, d'une grande salle de conférence et de salles de réunion de différentes tailles. Des espaces de travail partagés doivent faciliter les échanges entre les acteurs publics, les industriels et le monde universitaire.
Lors de la cérémonie, Tom Jungen a rappelé le passé industriel et commercial de la zone et évoqué ses prochains développements, dont le campus de SES. D'après L'essentiel, l'opérateur luxembourgeois de satellites de communication installera sur le site une unité de production de satellites de 11 000 m² et 5 000 m² de bureaux.
Un centre de test de 7 000 m², ouvert à plusieurs industries
Le campus comprendra un centre national de test de 7 000 m² pour les satellites et les équipements spatiaux. L'essentiel le présente comme l'une des futures infrastructures les plus avancées d'Europe dans ce domaine. Il disposera de salles blanches, de chambres à vide thermique et de chambres acoustiques réverbérantes, ainsi que d'installations consacrées aux essais radiofréquences et de compatibilité électromagnétique.
L'usage de ces moyens ne sera pas réservé au spatial. Selon le gouvernement, des entreprises de l'automobile, de l'aéronautique ou de la défense pourront également y recourir.
Dans son avis sur le projet de loi n° 8729, la Chambre de Commerce précise que la conception du centre répond aux exigences de sécurité de niveau secret. Il est prévu d'y tester des objets spatiaux sensibles sur le plan de la sécurité et d'accueillir des entreprises qui souhaitent éprouver des équipements destinés à la défense.
Une mise en service du centre de test prévue dès 2028
Le projet de loi n° 8729 autorise le gouvernement à financer la location et l'exploitation du centre de test. La fiche financière, citée par la Chambre de Commerce, chiffre le coût total pour l'État à 195 507 000 euros TTC, aux conditions économiques de 2026. Le ministère d'État évoque pour ce centre un investissement public supérieur à 195 millions d'euros, dont environ 55 millions consacrés aux installations de test.
L'État louera le bâtiment pour une première période de neuf ans, renouvelable pour neuf années supplémentaires. Le calendrier prévoit l'acquisition des équipements en 2027, puis une mise en service dès 2028. L'objectif est d'atteindre l'équilibre financier à partir de 2029.
À Belval, la recherche, l'innovation et la formation
Le gouvernement considère le campus comme un projet stratégique pour le développement du secteur spatial luxembourgeois. Kockelscheuer en accueillera les activités industrielles et commerciales, en complément du Space Camp de Belval, officiellement annoncé en novembre 2025 et tourné vers la recherche, l'innovation et la formation.
À Belval, le chantier du premier bâtiment a été lancé le 14 novembre 2025. Destiné à l'European Space Resources Innovation Centre (ESRIC), il représente 817 m² de surface nette d'exploitation. Son budget est inférieur à 15 millions d'euros TTC et la durée prévisionnelle des travaux est de douze mois.
Après avoir félicité les partenaires du projet, Lex Delles a invité les futurs participants et partenaires potentiels à se rapprocher de la LSA pour utiliser les installations de test disponibles à Belval et développer les coopérations au sein du secteur.